Le « yoga de la Femme » : yoga de la flemme ? 

" Poser la Femme, c’est poser l’Autre absolu, sans réciprocité, refusant  contre l’expérience qu’elle soit un sujet, un semblable. » Simone de Beauvoir, Le Deuxième sexe, 1949

C’est à la fin du printemps, au cours de mes recherches sur l’association des chakras aux glandes endocrines que je suis tombée sur le « yoga de la Femme » sur Instagram. Quelle n’a pas été ma stupeur en apprenant que j’étais déjà, à seulement 36 ans, une vieille peau morte, déséquilibrée et esclave de mes fluctuations  hormonales et de mon utérus ! Moi qui croyais que le débat sur l’hystérie était  clos, je n’étais pas au bout de mes peines! 

Né en 2015, le “yoga de la femme”  est  selon sa fondatrice française Tatiana Elle, une “version moderne” du yoga des hormones, lui même mis au point au début des années 1990 par la professeure de yoga brésilienne Dinah Rodriguez selon une méthode dite “naturelle” visant notamment à soulager les déséquilibres hormonaux. En apparence inoffensif au commun des mortel.le.s, le yoga de la  Femme défend en réalité une certaine vision du monde (et cela vaut pour l’ensemble des discours autour du « féminin sacré »).

Dans cet article je souhaiterais vous montrer comment la grammaire et le lexique employés, que ce soit dans les posts Instagram (@yogadelafemme_official) ou sur les sites internet de sa fondatrice Tatiana Elle et de ses aficionada, sont porteurs d’une idéologie de droitardé.e.s. Bref, en quoi le yoga de la Femme est, sous son vernis de bienveillance savamment marketée, une pratique essentialisante qui s’inscrit dans une longue tradition sexiste. 

D’abord j’analyserai la récurrence du préfixe re/ré/r- dans les verbes à  l’infinitif qui jalonnent le discours du yoga de la Femme comme un déclin, une perte, et un retour à un état originel fantasmé. Ensuite j’interrogerai la valeur injonctive implicite de ces infinitifs,  qui transforme des propositions bienveillantes en commandements. Puis je m’attarderai sur le lexique mobilisé qui, loin de participer à un discours émancipateur, minore celle qu’il prétend célébrer.  Enfin, j’examinerai la métaphore du bassin comme « bol sacré »,  essentialisation ultime ramenant « la Femme » à sa fonction reproductive et maternelle. 

Une grammaire pas si anodine 

" Il faut, de toute façon, que les femmes se sentent en échec. Quoi qu’elles  entreprennent, on doit pouvoir démontrer qu’elles s’y sont mal prises », Virginie Despentes, King Kong Théorie, 2006. 

Sur le compte Instagram officiel du yoga de la Femme (la marque est déposée depuis 2018 ndlr.) comme sur son site internet faisant la promotion de formations et de cours, les verbes à l’infinitif  commençant par le préfixe “re/ré/r-” abondent. On peut y lire qu’il faut « se  reconnecter à sa féminité », « retrouver sa libido », « veiller le désir sexuel  », «reconnecter (les femmes) à leur lumière », « réactiver son féminin sacré  », « redonner son éclat au teint », « raviver sa lumière », ou encore «  rebooster son charme ». 

Dans ces exemples, le préfixe re/ré/r- ajoute aux verbes de base « une  précision aspectuelle ». En d’autres termes, il indique, non pas que l’action se répète, mais qu’elle revient à un état antérieur supposément en déclin voire complètement perdu. Parallèlement, en disant « retrouver », « réactiver », «  réveiller », on pose ce déclin et cette perte comme quelque chose de préalablement vrai. On rend évident le fait qu’on ait besoin d’un rétablissement, d’une restauration. Il est intéressant de noter que l’usage de ces verbes produit implicitement tout un discours narratif. C’est raconter qu’il  y aurait eu en chaque femme un état initial de plénitude qu’un événement perturbateur aurait fait décliner ou perdre, et que le yoga de la Femme serait  en mesure de restaurer. 

Ce récit pose une question cruciale. Quel est donc cet état de plénitude que les femmes doivent retrouver ? L’analyse des compléments d’objet de ces verbes est à la fois révélatrice et effrayante : la féminité, le désir sexuel, la  libido, la lumière, l’éclat du teint, ou encore le charme, autant d’éléments centrés sur l’apparence, le corps et la sexualité. Cela nous amène à une autre question : tout cela pour qui ? Pour qui ce désir doit-il être réveillé ? Pour qui le charme doit-il être reboosté ? On devine aisément la logique de séduction  hétéronormée, où apparence, corps et sexualité sont définis par le male gaze

L’usage du préfixe re/ré/r- associé à ce type de récit narratif n’est pas  innocent : on trouve ces procédés dans les « discours déclinistes » de la  droite et de l’extrême droite. Citons pêle-mêle le « réarmement  démographique » d’Emmanuel Macron, le « redressement de la France » par  Bayrou, les partis « Renaissance » et le « Rassemblement national ». 

Dans notre cas d’étude du yoga de la Femme, la  grammaire est porteuse d’une idéologie conservatrice. Elle véhicule une vision du monde sur ce qu’est être une femme, et je dirais même, sur ce  que doit être une femme. 

De l’art de donner des ordres 

Poursuivons cette idée de “devoir” avec la forme des verbes précédemment  mentionnés : ce sont des infinitifs présents. En français, le mode de l’infinitif  peut revêtir une valeur injonctive, comme lorsqu’on donne un ordre ou une consigne. Dans un contexte de promotion de cours ou de formations du yoga de la Femme, l’emploi de ces verbes crée des obligations implicites : « la  Femme » a des tâches à accomplir, une recette de cuisine ou une prescription  médicale à suivre pour restaurer sa « féminité » originelle, bref pour  (re)devenir une « vraie femme ». Est-ce à dire que cette dernière aurait été  négligente ? Serait-elle responsable de son déclin ou de sa perte ? 

Les infinitifs injonctifs se doublent d’injonctions sociales sexistes : meuf, prends soin de toi pour être baisable, et n’oublie pas de sourire (on n’aime pas quand tu fais la gueule). Ces injonctions imposent en réalité « un devoir être catégorique », pour reprendre les termes de Simone de Beauvoir, et s’ajoutent à la charge mentale qui est, selon l’expression consacrée, de « devenir la meilleure version de soi-même ». Mais fait-on du yoga  pour se lancer sur « le marché à la bonne meuf» ? 

A travers ces injonctions, le discours du yoga de la Femme veut nous faire croire que sa pratique est libératrice alors qu’elle n’est que contrôle (contrôle de l’apparence, contrôle du corps, contrôle de la sexualité) et culpabilité (vos problèmes viennent de vous). 

Calmer l’hystérique 

Attardons-nous maintenant sur le lexique. Le yoga de la Femme propose d’apprendre à calmer l’hystérique qui bouillonne en chaque femme.  Comment ? Grâce à sa « méthode douce » qui « combine des pratiques  féminines ». Parmi celles-ci se trouve d’abord  le fameux yoga des hormones de Dinah Rodriguez qui  va permettre aux femmes de « diriger mentalement l’énergie vers l’ensemble  des glandes productrices d’hormones ». Une formulation bien floue typique  des charlatan.e.s pour brouiller les frontières entre science et croyance, suggérant qu’il est possible de « réguler », « équilibrer », calmer des hormones  supposément en délire et ce par des techniques de concentration, de visualisation,  ou par la pensée magique. 

Plusieurs questions me taraudent. De quelles hormones parle-t-on ? Les hommes n’ont-ils pas aussi un système hormonal ?  Ne peuvent-ils pas être sujets à des dérèglements hormonaux ? Leurs hormones fluctuent également et influencent leur bien-être, leur humeur, leur santé. Pourquoi donc sont-ils exclus ? Les adeptes du yoga de la Femme et du  féminin sacré sont-iels des endocrinologues ? Spoiler : non. 

Cette insistance sur la douceur, la lenteur, l’immobilité et l’apparence réactive un très vieux stéréotype de genre selon lequel la féminité c’est : la passivité, la mollesse,  la délicatesse. Tout le contraire de l’effort intense. Cette essentialisation ne  repose évidemment sur aucune base, et cela a été maintes fois démontré.

Enfin, ces pratiques dites « féminines » sont « saupoudrées de mudras et de  points d’acupression ». On file à nouveau la métaphore culinaire. «  Saupoudrer » c’est ajouter un petit quelque chose de léger, de futile,  d’esthétique. Tout en associant au passage des techniques issues de traditions asiatiques à de simples ornements pour faire joli ou mignon. 

Vous l’aurez compris, tout ce lexique renforce davantage les clichés sexistes.  Être femme, c’est être belle, délicate, futile, c’est contrôler son apparence,  son corps et ses émotions. 

L’essentialisation ultime 

« Quand l’inconscient collectif, à travers ces instruments de pouvoir que sont  les médias et l’industrie de l’entertainment, survalorise la maternité, ce n’est  ni par amour du féminin, ni par bienveillance globale. La mère investie de  toutes les vertus, c’est le corps collectif qu’on prépare à la régression fasciste. », Virginie Despentes, King Kong Théorie, 2006. 

Le discours du yoga de la Femme, qui semble sorti tout droit de La Servante  écarlate de Margaret Atwood, atteint son paroxysme essentialiste dans la  sacralisation du bassin, « centre du féminin ». Le ventre est « un bol sacré  », « un réceptacle de vie », « d’émotions » qui « accueille », « protège », «  contient ». Ce « bol » est creux et vide. C’est un « réceptacle » dont la  fonction est de recevoir la semence, la vie, un fœtus, et les émotions. 

Cette  métaphore montre que le corps est réduit à un contenant et les femmes à leur  utérus et à leur capacité reproductive. De plus, ce « bol » est « sacré » donc à  la fois figé et intouchable. Sacrilège s’il est déshonoré ! Enfin, les verbes  associés au ventre font référence au soin maternel : « accueillir », « protéger  », « contenir ». Tout ce care, ces tâches que la société attend des femmes sans  pour autant les reconnaître et les valoriser… Le ventre est au service de l’autre.  Le propos est on ne peut plus clair : « la Femme », c’est « la Femme-Mère »,  « honorée comme vassale ». C’est la Vierge Marie, « l’image de la femme  régénérée  » décrite par Simone de Beauvoir dans le Deuxième Sexe. Quid alors des femmes stériles ? de celles qui ne désirent pas d’enfant ? des femmes ménopausées ? des femmes qui n’ont plus d’utérus ? des femmes  trans ? 

Ne seraient-elles pas des femmes ? 

Conclusion 

L’ensemble du discours du yoga de la Femme trahit-il de vieilles obsessions  sexistes. L’analyse du préfixe re- révèle une " rhétorique du déclin et de la  perte1., tous deux fantasmés. L’examen de la valeur injonctive des infinitifs  présents met en relief la façon dont les verbes sont transformés en véritables  commandements. L’étude du lexique montre l’essentialisation et la  minoration à l’œuvre. Quant à la métaphore du « bol sacré », elle reconduit le  vieux cliché patriarcal qui assigne aux femmes la fonction de reproductrice et  de mère. Si l’on en croit ce discours, « la Femme » est donc à la fois « la  bonne meuf » et la mère, la figure de la prostituée et de la vierge sanctifiée telle un éternel féminin. La fondatrice du yoga de la Femme et ses adeptes  balaient d’un revers de manche des siècles de luttes et d’avancées féministes. 

Il est intéressant de noter que ce discours s’inscrit aussi dans des rapports de  classe et de race, comme souvent dans le milieu du yoga dans les pays occidentaux : il s’adresse à des femmes qui ont du temps et de l’argent pour  prendre soin d’elles, travailler sur elles-mêmes (en France, une formation yoga de la Femme de 200 heures coûte 3100 euros, une retraite de  trois jours environ 560 euros, un cours à Paris environ 30 euros). Des femmes  majoritairement blanches. Ce seul sujet mérite tout un article que j’ai très  envie d’écrire. 

Le yoga de la Femme délivre également de fausses promesses thérapeutiques  : « diriger mentalement son énergie vers les glandes » ne soigne ni l’endométriose ni l’infertilité ni quoi que ce soit. Comme d’habitude au pays de la charlatanerie, le propos se pare d’un langage pseudo-scientifique pour mieux se légitimer. En procédant ainsi, les émules du yoga de la Femme capitalisent sur la souffrance sous couvert de spiritualité et de bien être… et de la certification Qualiopi (ce qui interroge sur le sérieux de ce label  d’Etat concernant les formations de yoga …) 

En réalité, derrière tout ce discours, se cache un projet politique réactionnaire  : faire en sorte que les femmes « reconnai[ssent] librement [leur]  infériorité2 ». La grammaire et le lexique ne sont jamais neutres et peuvent  être très puissants, souvenez-vous en ! Dans le cas du yoga de la Femme et  plus largement dans celui du féminin sacré, les procédés d’écriture servent et  perpétuent une entreprise conservatrice qu’il convient de démanteler. 

Yoga de la Flemme plutôt, non ? 

Camille, avec la contribution de Miguel pour la relecture. 

(Texte édité par Jeanne Pouget) 

Vous pouvez retrouver les publications de Camille sur son Substack Les Cahiers de Yogena ainsi que sur Yogena, le compte Instagram de Camille et Miguel.

Image de couverture : Vielle fille, Soutine, vers 1920.

  1. Martin Riegel, JC Pellat, René Rioul, Grammaire méthodique du français.
  2. cf. https://salle421.eu/2017/05/29/le-prefixe-re-comme-marqueur-de-rhetorique-du-

declin-une-variete-dusages-dans-les-discours-politiques-francais/ 

Bibliographie 

Ouvrages 

Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, tomes I et II Paris, Gallimard, coll.  Folio essais 2012 [1949]. 

Virginie Despentes, King Kong Théorie, Le Livre de Poche, 2021 [2006]. 

Martin Riegel, JC Pellat, René Rioul, Grammaire méthodique du français,  chap. XX, Paris, PUF, 2011 [1994]. 

Eliane Viennot, Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! éditions  iXe, 2014. 

Sites internet et réseaux sociaux

9 responses to “Le « yoga de la Femme » : yoga de la flemme ? ”

  1. Ang avatar
    Ang

    I trained with Tatiana Elle. She is awesome, and her approach is nothing what you describe. Your article about her expresses what a very broken person you. The pseudo intellectual critique is plain sad. As if criticizing a fellow colleague can be considered some kind of peer reviewed abstract. Honey, take my advice, get a life.

  2. Axelle avatar
    Axelle

    Merci pour cet article, qui soulève des questions importantes sur le langage, le marketing et les enjeux de pouvoir dans le yoga.

    En même temps, il me semble que le « yoga de la Femme » que je connais et que je pratique ne correspond pas vraiment à la caricature qui en est faite ici. Il ne s’agit pas pour nous d’essentialiser les femmes, ni de les réduire à leurs hormones, mais au contraire de leur offrir un espace pour mieux comprendre leur corps, leurs cycles, leurs émotions, et se réapproprier leur santé et leur puissance intérieure.

    Quand on pratique et qu’on enseigne ce yoga de l’intérieur, on voit à quel point il peut être un soutien concret pour des femmes qui vivent des douleurs menstruelles, des troubles hormonaux, des parcours de maternité, de ménopause ou de fatigue chronique, et qui ne se sentent pas toujours accueillies dans un cadre de yoga plus « standardisé ». Parler spécifiquement du corps des femmes n’est pas forcément exclure qui que ce soit, c’est parfois simplement répondre à des besoins qui ont été longtemps invisibilisés.

    La critique des dérives commerciales ou des discours culpabilisants est évidemment nécessaire, mais elle pourrait, à mon sens, se faire sans disqualifier d’emblée tout un champ de pratiques, ni celles et ceux qui y trouvent du sens, de l’apaisement et de la joie. Peut-être qu’un dialogue direct avec des enseignantes de yoga de la femme, et avec les femmes qui en bénéficient, permettrait de nuancer certains jugements et de voir qu’il existe aussi des approches très conscientes, informées et respectueuses.

    Au fond, nous cherchons toutes et tous la même chose à travers le yoga : plus de présence, de liberté et de lien. Plutôt que de nous opposer, ce serait précieux de mettre en commun nos regards critiques, nos savoirs et nos expériences, pour que le yoga – sous toutes ses formes – reste un espace d’émancipation et de soin.

  3. Laura avatar
    Laura

    Je suis surprise et déçue que Citta Vritti ait publié cet article. L’enjeu me semble ici être l’analyse du lexique utilisé dans la communication online de Yoga de la Femme, sans pour autant une réelle connaissance de cette pratique et de sa fondatrice. Les discours essentialistes posent en effet problème, je suis d’accord sur ce point. Le choix même de l’appellation « yoga de la femme » mérite d’être interrogé. En revanche, j’ai davantage perçu dans cet article une attaque directe ou une critique formulée sans véritable connaissance de terrain, plutôt qu’un apport constructif au débat autour du yoga en France et à Paris.

  4. Patrice B avatar
    Patrice B

    Merci pour cette analyse très académique, fortement bien documentée, clairement argumentée et généreusement sourcée. Je ne suis pas en accord du tout mais c’est important que tout les avis s’expriment.
    J’avoue que plusieurs choses m’interpellent :
    1/ les 3 éléments majeurs que vous avancez comme problématiques dans la manière de définir et présenter le yoga de la femme me paraissent tout à fait transposables à d’autres types de yoga. On trouve très souvent le re- dans l’énumération des objectifs de différents yoga.
    Lorsque l’on énumère les actions entreprises dans une discipline il est très commun d’avoir l’infinitif voire l’impératif. Ce n’est pas spécifique à la discipline que vous analysez.
    Pour l essentialisation, même combat. Si on s’adressait un public de seniors, ou un public de runners, on énoncerait les « qualités » « typiques » de cette « catégorie » pour expliquer de la ou on part et la ou l’on va pour améliorer un état. Une personne âgée serait par exemple encouragée à retrouver une capacité d’équilibre dans l espace. Un runner, à assouplir ses mollets.
    Bien evidemment, définir une femme d’un certain âge à ce qui se passe pour ces hormones est je le concède réducteur mais je pense que c’est valable pour toute autre catégorie que l’on veut draguer en terme de business.

    2/ l’élément du charlatanisme est de plus en plus récurrent. Je le comprends car il est vrai qu’il y a beaucoup trop d’abus et de fausses promesses. Cela dit, il me semble que constamment moquer le subtil est contre-productif si l’on veut que le yoga reste crédible et reste une discipline psycho corporelle et spirituelle prise au sérieux.

    3/ enfin, voire une grille de lecture politique manichéenne dans un article de yoga, avec un profond mépris pour un côté et une absence de remise en cause de l’autre bien-pensant me désole profondément. Je ne me reconnais ni dans la gauche, ni dans la droite française ou autre, car la politique comme le dit Krishnamurti a prouvé qu’elle a échoué. C’est pour cela que j’ai beaucoup de mal avec tout discours qui juge l’autre comme étant complètement dans le tort sans se remettre en cause. Car essentialiser c’est pas bien…

    1. Christelle avatar
      Christelle

      Bonsoir,
      Krishnamurti, le presque messie des théosophes qui s est rebellé ? Sa citation comment « la politique » peut-elle échouer ne veut rien dire ? Pas plus que l’idée de nini, qui permet juste de ne pas s’engager. Jusqu’au jour où « la politique » décidera pour vous…

      1. Patrice B avatar

        Oui Krishnamurti a bien affirmé que la politique, les idéologies, les religions ont échoué à proposer une solution à la peur qui ronge l humain et à la libération de lla tyrannie du mental.
        Il a également invité, et il n’est pas le premier, à incarner le changement que l’on souhaite et à amorcer une révolution non politique, non religieuse mais mentale.
        Donc permettez moi de ne pas tout voir comme vous avec un prisme politique et cherchez sur le long terme à être libre de l’envie de m imposer aux autres.
        En effet, la politique décidera à court terme pour moi, c’est un fait. Mais aussi frustrant que cela peut être, je préfère faire partie de ce qui ne se reconnaissent pas dans le courant majoritaire qui dénonce les uns en utilisant exactement les mêmes armes pour recommencer un nouveau cycle dans la même veine.

      2. Christelle avatar
        Christelle

        Gouverner un État, c’est mieux quand on sait se gouverner… Et cela ne se fait pas avec des êtres « libres ». Sûrement avec des personnes qui sont capables d’avoir une attitude responsable du pouvoir (car si vous êtes ici, c’est que vous en avez de facto), qui ne le renie pas en bloc. Nous avons bien assez souffert maintenant des baby-boomers qui n’ont pensé qu’à leur génération, fait des enfants sans les élever et fait fructifier le capitalisme bien mieux que n’importe quel homme politique.
        Mais je ne parlais pas de ce sens littéral, je parlais de la politique en tant « qu’ensemble des affaires publiques » qui permet là encore, et peut-être même plus une action individuelle responsable et engagée pour l’an préservation du bien commun.
        Bonne journée

      3. Patrice B avatar

        I found that the chief difficulty for most people was to realize that they had really heard ‘new things’: that is, things that they had never heard before. They kept translating what they heard into their habitual language. They had ceased to hope and believe there might be anything new.”—Ouspensky

  5. Marie Pierre avatar
    Marie Pierre

    Je suis bien triste de lire cet Article où vous mentionnez de manière négative le nom d’une femme qui a tellement à cœur d’apporter du bien à toutes les femmes.

    Si vous avez simplement écrit cet article en vous appuyant sur la sémantique de posts Instagram sans jamais avoir rencontré Tatiana ni avoir pratiqué avec elle c’est bien dommage pour vous.

    Son approche est à des années lumières de ce que vous en avez compris. Le but du yoga de la femme n’est en rien d’en faire de jolies petites poupées bien dociles aux ventres disponibles pour le patriarcat. Tatiana invite au contraire les femmes à ramener leur attention vers elles, prendre soin d’elles, du temps pour elles. Tatiana est d’une grande ouverture d’esprit et de cœur loin du cliché de droite que vous caricaturez ici.

    Je suis femme, féministe, nullipare sans désir d’enfant et je suis ravie de m’être formée aux cités de Tatiana et de proposer chaque semaine à mes élèves un espace de douceur qu’est le yoga de la femme. La pratique est vraiment douce et accessible et toutes les femmes y sont les bienvenues : « les childfree, les femmes qui n’ont plus d’utérus, les femmes trans, les femmes intersexes, les femmes ménopausées, les femmes stériles, celles qui ne veulent pas être séduisantes, les femmes queer, les femmes non binaires, les femmes handicapées, les femmes malades, les femmes grosses, les femmes croyantes en fait, TOUTES LES FEMMES »

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