A la confluence entre le stand up et le récit personnel, la journaliste Elodie Emery monte sur scène à La Villette pour revenir sur l’enquête qu’elle a menée pendant 11 ans sur les dérives dans le bouddhisme tibétain en Occident. L’occasion d’interroger la quête de sens des Occidentaux et notre besoin de spiritualité.
Qui ne connait pas quelqu’un qui un beau jour décida de tout plaquer pour aller vivre sa meilleure vie au bout du monde ou de plaquer son travail à La Défense pour « se retrouver », « être plus dans le concret », bref, trouver un nouveau sens à son existence ? Un parcours si banal qu’il en est même devenu un trope, caricaturé sur les réseaux sociaux jusqu’à l’outrance : l’Occidental.e en perte de repères, déprimé.e, et qui trouve une porte de sortie pour ne pas dire de salut dans une « spiritualité » (whateverthatmeans) teintée d’orientalisme et de New Age. Cela aurait pu être le parcours d’Elodie Emery, qui a essayé beaucoup de choses pour tenter d’« aller mieux » comme on dit. Sauf que l’ « univers », permettez-moi de faire la blague, en a décidé autrement. Et c’est pour nous raconter sa quête de sens, que la journaliste monte sur scène, dans une grammaire puisée dans l’expérience du Live magazine, qui propose depuis déjà 10 ans à une succession de journalistes de « raconter » une enquête sur scène en une dizaine de minutes. Cette fois, c’est un seule en scène d’une heure que produit Live magazine, et c’est l’occasion pour Elodie Emery de revenir sur son enquête sur les abus dans le bouddhisme tibétain, dont elle a déjà tiré un documentaire (mention spéciale Albert Londres en 2023) et un livre, tous deux réalisés en collaboration avec Wandrille Lanos.
« Ceci n’est pas une religion » (en référence au bouddhisme donc) est une tentative théâtrale à mi-chemin entre la conférence et le spectacle, entre l’intime et l’enquête, pour nous amener à réfléchir sur notre quête de sens ainsi que sur ses abus et dérives dans les milieux spirituels. Des sujets de société lourds que la journaliste analyse avec pédagogie, et autodérision : « Je parle de mon expérience et de mes propres errances et le fait de ne pas me placer en surplomb de ce que je raconte fait que l’on ressort du spectacle en ayant appris quelque chose de documenté mais sans, j’espère, en être appesanti » insiste Elodie Emery avec qui nous nous sommes entretenues en ce mois d’août 2025. L’occasion d’approfondir les sujets qui nous intéressent autour des dérives dans le milieu de la spiritualité, de revenir sur son enquête sur le bouddhisme et d’évoquer ses travaux en cours sur le milieu du yoga.
Ton spectacle parle d’un sujet philosophique au cœur de la condition humaine : le sens de notre présence sur terre, la dépression face au vide de sens, pour en arriver à ta tentative de rencontre avec le Dalaï Lama (qui, spoiler, a fini par te ghoster). Peux-tu revenir sur la genèse de ton enquête et de ton spectacle ?
Le fil rouge de « Ceci n’est pas une religion », c’est la quête de sens que j’analyse comme un mal-être très occidental. La première partie du spectacle s’articule autour de nos vulnérabilités, de notre besoin de trouver quelqu’un à qui s’en remettre, quelque chose de plus grand. Depuis toute petite je m’interrogeais sur le sens de notre présence sur Terre, la finitude, la mort. Arrivée à l’âge adulte j’étais peu attirée par le monde de l’entreprise que je trouvais enfermant. J’ai fait un stage chez L’Oréal où j’ai été embauchée et où je suis restée 3 ans. Ce n’était pas l’horreur ! C’était juste faire des cosmétiques quoi … Je me disais, et ce sans mépris envers quiconque, que je ne pouvais pas passer le restant de mes jours à réfléchir à quoi écrire sur les tubes de crèmes. Pour moi ça ne suffisait pas.
Alors à 25 ans j’ai démissionné sur un coup de tête, ce fût une période très douloureuse (avant de devenir fructueuse) durant laquelle j’étais au chômage sans savoir ce que je voulais faire de ma vie. Je me cherchais des passions, je voulais voyager. Mais en réalité je ne trouvais rien du tout, je me levais très peu de mon lit et j’étais, je pense a posteriori, en dépression pendant plusieurs mois.
Cette errance m’a amenée à créer mon blog Mon amie chômeuse en 2008 pour m’occuper et écrire sur le ton de l’humour. Le but était de proposer mes services à des gens qui, eux, travaillaient et pouvaient me soumettre des requêtes qu’ils n’avaient pas le temps de faire. Cela me permettait de vivre des expériences, de sortir de chez moi, et de faire ce que j’aimais faire à savoir écrire. Ce « vrai-faux travail » m’a apporté une petite notoriété à une époque où il y avait peu de blogs et m’a conduit à la rédaction du magazine Marianne où j’ai appris le métier de journaliste.
Cette période coïncide avec l’émergence du marché du bien-être : pourquoi ce domaine, encore marginal à l’époque, va-t-il attirer ton attention de journaliste ?
On est à la fin des années 2000 et je commence à faire le constat de la banalité du mal qui m’affecte. Cette quête de sens assez générale, les gens qui veulent changer de travail, se reconvertir, trouver quelque chose de plus concret qui leur ressemble. Changer de vie devient un phénomène de société et tout ça s’accompagnait d’un truc qui commençait à émerger : le développement personnel et ses coachs en tous genres. De plus en plus de livres et de podcasts proposaient de nous accompagner dans tous les domaines. A la fois je me sentais concernée et à la fois je trouvais ça chelou, ce marché qui émerge pour nous guider sur le sens de notre présence sur terre.
Donc j’ai proposé beaucoup de sujets un peu légers autour du développement personnel pour Marianne que je raconte dans le spectacle : des stages avec une chamane amérindienne, un stage de jeûne et randonnée, le récit d’une retraite vipassana, divers cours de yoga et de méditation … C’était des enquêtes un peu niches qui m’ont amenée à me spécialiser malgré moi dans la quête de bonheur et de bien-être tout en faisant échos à mes propres questionnements.

Quel a été le tournant qui t’as fait passer des stages de bien-être à une enquête de 11 ans sur les abus et les dérives dans le milieu du bouddhisme tibétain à travers plusieurs pays ?
Je suivais des stages dans plein de domaines liés au bien-être pour le bien de mes reportages avec beaucoup de sincérité mais je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir une petite voix dans ma tête qui se demandait à qui profitait tout ça et si on pouvait vraiment s’en remettre entièrement à quelqu’un qui prétend avoir les recettes. Concernant la chamane amérindienne par exemple j’ai trouvé que c’était quelqu’un d’honnête, qui avait de l’autodérision, bref que c’était quelqu’un de bien. Mais les femmes qui la suivaient nouaient une forme de dépendance à son égard, elles devenaient comme accros, elles demandaient des vidéos pour « tenir le coup » entre deux retraites. J’observais qu’une certaine forme d’addiction se tissait autour de ces gens, même malgré eux. Mais à ce stade je ne constatais pas de dérives graves comme des malversations financières ou des violences.
Le point de bascule ça a été la rencontre avec Mimi, une jeune femme avec qui je suis toujours en contact et dont je parle dans le spectacle. Elle avait été avec d’autres femmes la disciple et l’assistante personnelle de Sogyal Rinpoché, un lama tibétain extrêmement connu et révéré, auteur du best-seller Le Livre tibétain de la vie et de la mort, proche du Dalaï Lama. Elle me raconte un quotidien épouvantable à la limite de la torture, et comment elle et huit autres femmes étaient ses esclaves à son service permanent.
Je tire le fil et je me rends compte que tout le monde est au courant, que ce n’est pas une exception, que tout cela se répète avec d’autres maîtres dans des centres tibétains en Europe, puis aux États-Unis, au Canada … J’ai trouvé des affaires enterrées où les disciples sont rongés par la honte dans le monde entier.
Quels mécanismes d’emprise as-tu observés lors de ton enquête ?
J’observe l’emprise avec la mobilisation de concepts doctrinaires bouddhistes comme le samaya qui est le lien sacré entre le maître et le disciple qui encourage ce dernier à garder le silence, ou la « folle sagesse » qui autorise le maître à adopter des comportements hors normes, y compris la violence physique et verbale vers l’objectif prétendu de l’accession au bien être de son élève. Ce qui me frappe a posteriori, c’est que l’on était avant MeToo et ni victimes ni moi-même n’utilisions encore le terme de viol. On ne parlait pas non plus d’emprise. Quand je me relis je suis choquée par la prudence vis-à-vis des termes employés à l’époque.
La mécanique d’enfermement est très efficace : si tu ne te laisse pas faire, c’est ton égo qui a un problème. Il faut s’en remettre au maître qui est la seule source de progression du disciple. Idem si tu as un doute. Les gens qui se retrouvent en inconfort ou violenté dans ce genre de contextes spirituels et soi-disant bienveillants ne savent plus quoi faire ni à qui parler. Le Dalaï Lama a beaucoup répété que la charge de la dénonciation en incombait aux disciples. Or dans le bouddhisme si tu parles en mal de ton maître ou que tu le critiques, tu brises de samaya, tu vas en enfer. Que faire d’une culture qui n’est pas la nôtre, dont les textes sont sujets à interprétation et que l’on a du mal à comprendre ? Le niveau de désorientation est énorme et il n’y a pas de recours. Ce sont des injonctions contradictoires : il faut dénoncer des maîtres qui sont adoubés par le Dalaï Lama, mais qui écouterait quelqu’un qui proclamerait en filigrane que le prix Nobel de la paix se trompe ?
Peux-tu expliciter pourquoi, selon toi, le bouddhisme bénéficie d’une certaine aura et d’une « intouchabilité » en comparaison avec les autres religions, qui le dispenserait d’être vu et donc critiqué par les Occidentaux en tant que tel ?
Le bouddhisme c’est selon moi le maximum du sophistiqué pour les Occidentaux car il répond à tous nos critères : il n’est jamais présenté comme une religion mais comme « une philosophie », un « mode de vie », une « science de l’esprit ». C’est super pour les Occidentaux qui sont dégoutés du catholicisme et de ses dogmes.
Le bouddhisme tibétain est représenté par la figure du 14eme Dalaï Lama qui se passionne pour la science, donc cela donne au bouddhisme une sorte de patine un peu scientifique qui n’entre pas en contradiction avec la rationalité des Lumières. En plus il sert une cause mondiale, celle du Tibet depuis son invasion par la Chine au début des années 1950. Être bouddhiste c’est donc aussi afficher son soutien avec les populations opprimées.
Le Dalaï Lama a compris l’appétence des Occidentaux pour sa religion et pour la cause du Tibet et a utilisé cette attente très intelligemment pour défendre la cause de son peuple, notamment à travers des collaborations avec Hollywood. Par exemple, il a été consultant sur l’écriture du scénario du film Kundun sorti en 1993 (qui relate son enfance, exil et éveil ndlr.). La cause du Tibet a donné lieu à plusieurs films sortis coups sur coups dont Sept Ans au Tibet avec Brad Pitt et Little Buddha avec Keanu Reeves et dans lequel joue d’ailleurs Sogyal Rinpoché ! Donc il est très fort pour médiatiser la cause du Tibet quitte à faire, selon moi, quelques arrangements pour débarrasser le bouddhisme de tout ce qui ne rentrerait pas dans sa proposition.

Donc « ceci n’est pas une religion » mais en fait si. C’est une religion avec des dogmes, un salut, une menace de l’enfer bien réelle (notamment pour ceux qui brisent le samaya et donc brisent la loi du silence). Tout ceci est évacué tout comme le rapport aux femmes qui ne peuvent pas atteindre l’éveil sauf en se réincarnant en homme. Donc ce n’est pas une religion particulièrement progressiste. C’est une religion. Et c’est pas grave ! Mais le fait de la présenter sous une forme plus glamour et progressiste est un peu frauduleux selon moi.
Tu as beaucoup été critiquée pour ton enquête qui donne la parole aux victimes et permet de dénoncer des agissements de malversations financières, des viols et des maltraitances systémiques dans ces communautés. Pourquoi d’après toi ?
Ce qui revient le plus de la part des « croyants » c’est que je ne suis « pas assez éveillée », que je suis une « petite occidentale qui ne comprend rien », on m’a même accusée d’être de mèche avec la Chine ! On m’a beaucoup répété que j’avais le cœur noirci, que je n’étais pas suffisamment avancée sur le chemin spirituel pour comprendre. Parfois en me soutenant que les abus et les crimes de certains maîtres étaient portés par l’amour et la bienveillance plutôt que par la volonté de domination et de pouvoir. Comme si en Occident on avait besoin de croire qu’il y a quand même une population sur cette terre, ici les Tibétains, qui serait débarrassée des travers de l’humanité. Cela répond à un fantasme orientaliste, voire raciste, comme si une population ou un groupe était bienveillant et innocent par nature, tel le mythe du bon sauvage. Alors que ce sont des humains et qu’ils ne sont pas exempts des mécanismes de domination. Donc quand tu prends la parole tu es vite accusée de casser ce qu’il reste de beau et à cet égard le Dalaï Lama fait un peu figure de « dernier des Pères Noël ». C’est naïf mais c’est surtout dangereux car cela éteint les lumières de vigilance sous prétexte d’avancer sur la voie de l’éveil.

D’ailleurs le Dalaï Lama qui apparait dans ton documentaire t’as bloquée sur Whatsapp et Matthieu Ricard que tu as interrogé a souhaité être coupé au montage … A cet égard, « la loi du silence » (le titre de ton documentaire co-réalisé avec Wandrille Lanos et sorti en 2022 sur Arte) est un titre assez éloquent …
Je pense que le traitement réservé aux femmes n’intéresse pas beaucoup le Dalaï Lama. Je pense, mais c’est mon interprétation, qu’il considère le féminisme comme « un sujet d’Occidentaux ». On m’a beaucoup dit qu’il n’était pas le chef spirituel de tous les bouddhistes et donc il n’aurait pas tout le pouvoir qu’on lui prête. Sauf que le jour où il a finalement disgracié Songyal Rinpoché (en 2017), il n’a eu à prononcer qu’une phrase pour que Sogyal abandonne son temple et prenne la fuite. Donc ce n’est pas vrai qu’il n’a pas de pouvoir sur ces sujets.
En refusant de prendre la parole sous prétexte qu’il n’est qu’un simple moine, Matthieu Ricard a renvoyé les victimes dans leurs cordes. Quand on est un personnage public il faut aussi accepter les règles du jeu à l’occidentale. Encore plus quand on en tire des bénéfices, quand on vend des livres, qu’on recueille beaucoup de fonds et de dons, que l’on vit du besoin de croire des Occidentaux, il faut aussi accepter que quand il y a un problème on ne peut pas se débiner en disant « ça ne me regarde pas ». Donc moi j’ai considéré que ça concernait Matthieu Ricard, qui a fini par concéder qu’il ne se rendait pas compte du poids de sa parole.
Malheureusement le monde du yoga n’est pas exempt de ces dérives. Je crois savoir que c’est d’ailleurs le sujet de ton prochain livre : est ce que tu veux nous en dire plus ? Quels parallèles observes-tu entre ces deux mondes ?
Dans le sillage de l’enquête sur le bouddhisme, j’ai été contactée par des femmes qui m’ont dit qu’il leur était arrivé la même chose mais dans l’univers du yoga. Ce qui m’intéresse dans le yoga c’est son succès mondial unanime et tonitruent. Il y a des studios partout. Et il y a quelque chose qui relève un peu du bouddhisme : un safe space par nature, fait de lumière et d’amour, et en plus c’est accessible au coin de la rue et c’est recommandé par tout le monde et dans toutes sortes de situations. Le yoga c’est une proposition qui fait rêver dont personne ne questionne les promesses.
Et donc j’ai beaucoup de témoignages d’abus notamment en Inde que l’on présente comme la terre promise de spiritualité. Et cela recouvre encore d’autres dimensions, notamment des problèmes endémiques de viols dont souffre ce pays qui est gouverné par un extrémiste. Beaucoup de gens, notamment des femmes, vont se former là-bas fleur au fusil et se retrouvent parfois violentées et gravement abusées par leurs maîtres de yoga indien. Donc non, ici non plus , l’indianité ne protège pas des dérives et ne dispense pas d’être un agresseur.
Les scandales qui ont entaché l’église catholique et qui continuent de le faire comme l’affaire Bétharram ne nous permettent plus de rester naïfs sur ces sujets. Et pourtant des histoires de yogis ou moines bouddhistes à la tête de réseaux de proxénétisme ou qui se font prendre dans des orgies, complètement défoncés à la coke, il y en a plein. Mais bizarrement, on les met complètement de côté. Matthieu Ricard disait « ça n’est pas parce qu’il y a une pomme pourrie que tout le verger est pourri ». En vrai je pense qu’il vaut mieux enlever la pomme pourrie et se demander comment elle est arrivée là plutôt que de faire semblant qu’elle n’y est pas.
De plus, le yoga en France ne relève d’aucun ministère, il n’y a aucun contrôle, pas de certifications avec une réelle valeur. Et pourtant c’est LE truc que recommandent les kiné à tours de bras. Les 4 lettres du mot « yoga » recouvrent des réalités très diverses pour former une nébuleuse assez floue. Si tu ne précises pas de quoi tu parles, le yoga ça veut tout et rien dire : rester immobile, pratiquer des respirations, des visualisations, des postures sur fond de musique où l’on transpire… C’est aussi la seule discipline où des profs ajustent physiquement et touchent les corps sans avoir de connaissances certifiantes dans ce domaine. Tout cela m’interpelle.
En tant que journaliste, quels conseils donnerais-tu pour nous aider à développer notre esprit critique ?
Bizarrement, je n’ai pas trop de mal à faire confiance. Mais je dirais d’éviter de s’en remettre complètement à quelqu’un. Une personne peut avoir une expertise dans un domaine particulier, sans être au-dessus de la masse de manière générale, et tout en étant humain avec ses failles. Il faut faire le deuil de l’être éveillé infaillible par nature. On a fait le deuil de la perfection de nos parents, il faut faire le deuil de l’être humain parfait.
C’est difficile quand on cherche un modèle absolu : quelqu’un qui conseillerait autant sur les sentiments, que sur l’alimentation tout en nous ajustant physiquement. Mais ça n’est pas réaliste de songer qu’une personne soit infaillible dans tous les domaines et d’ailleurs ce n’est pas grave ! Donc je dirais de ne pas remettre son libre arbitre à quelqu’un d’autre. En termes de libre arbitre on est tout seul et il faut digérer cette idée. Personne ne pourra être vigilant à notre place, connaître nos endroits d’inconfort et nos limites. C’est un peu vertigineux mais c’est une école d’autonomie. Nous avons une attitude un peu immature vis-à-vis des spiritualités et disciplines dites « orientales » que l’on exotise, car on n’aurait jamais des attentes aussi naïves sur des sujets de notre propre culture que l’on connait mieux et depuis longtemps. On est déjà plus tranquilles aujourd’hui sur la psychologie et certaines thérapies : on en connait les bénéfices et les limites sans pour autant tout mettre à la poubelle. Il faut se méfier de la solution à tout et cultiver notre petite boussole interne.
Entretien réalisé le 22 août 2025 à Paris.
Informations sur le spectacle :
« Ceci n’est pas une religion » est une production Live Magazine, jouée du 9 au 13 septembre 2025 à la Grande Halle de La Villette, salle Boris Vian.
Puis le 20 septembre au Festival du Chaînon Manquant à Laval.
Dates à venir en Belgique.
Documentaire : Bouddhisme la loi du silence, de Elodie Emery et Wandrille Lanos, 2021, Arte.
Livre : Bouddhisme la loi du silence, de Elodie Emery et Wandrille Lanos, 2021, JC Lattès.

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