{"id":2258,"date":"2024-05-26T16:36:26","date_gmt":"2024-05-26T14:36:26","guid":{"rendered":"https:\/\/cittavritti.fr\/?p=2258"},"modified":"2024-05-30T16:36:00","modified_gmt":"2024-05-30T14:36:00","slug":"yama-niyama-vie-moderne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cittavritti.fr\/en\/yama-niyama-vie-moderne\/","title":{"rendered":"Les yama et niyama appliqu\u00e9s \u00e0 la vie moderne"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\">Probablement le texte le plus c\u00e9l\u00e8bre sur le yoga, le<em> Yoga Sutra<\/em> propose une m\u00e9thode en huit \u00e9tapes (\u00ab\u00a0ashtanga\u00a0\u00bb signifiant \u00ab\u00a0huit membres\u00a0\u00bb en sanskrit) pour atteindre la lib\u00e9ration. Si focalis\u00e9s que nous sommes sur le troisi\u00e8me membre \u00ab\u00a0asana\u00a0\u00bb (posture), nous oublions dans le yoga postural moderne la dimension essentielle qui lui pr\u00e9figure : celle de<strong> l&rsquo;\u00e9thique et de la morale. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-link-color wp-elements-3ae1cebebeac24df657738a303b14056 wp-block-paragraph\">Le <em>Yoga Sutra<\/em> de Patanjali est un trait\u00e9 de philosophie. Il ne parle pas (ou de fa\u00e7on si \u00e9lusive) du corps, consid\u00e9r\u00e9 comme vain et que l&rsquo;on cherchait alors \u00e0 \u00e9teindre. Il est question en revanche de ma\u00eetrise du mental, de <a href=\"https:\/\/cittavritti.fr\/en\/yoga-psychanalyse-decouverte-psyche-humaine-patanjali-freud-alexandra-guibal\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/cittavritti.fr\/yoga-psychanalyse-decouverte-psyche-humaine-patanjali-freud-alexandra-guibal\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">la psych\u00e9 sous toutes ses dimensions<\/a>, source de distractions, d&rsquo;attachement, de fluctuations causant la souffrance (dukkha). <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\">Il existe des millions de tutos sur internet pour savoir comment faire telle ou telle posture. Notre obsession pour le corps est telle que le yoga prend bien plus la forme d&rsquo;une gymnastique que d&rsquo;une spiritualit\u00e9. Nous semblons en revanche beaucoup moins passionn\u00e9s par travailler sur notre \u00e9thique et notre morale (tout en \u00e9tant largement enclins \u00e0 juger celle des autres). M&rsquo;en sont t\u00e9moins les retours de certains \u00e9l\u00e8ves en formation un tantinet d\u00e9\u00e7us d&rsquo;\u00eatre invit\u00e9s \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 des questions universelles de philosophie alors qu&rsquo;ils pensaient signer pour se contorsionner,  mentionnant par exemple que la philosophie du yoga \u00ab\u00a0n&rsquo;est pas utile\u00a0\u00bb, ou encore choqu\u00e9s de d\u00e9couvrir qu&rsquo;\u00e0 une autre \u00e9poque, sous d&rsquo;autres latitudes, des gens pensaient diff\u00e9remment &#8230;  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\">Pourtant, les r\u00e8gles de vie en soci\u00e9t\u00e9 (yama) et personnelles (niyama) \u00e9nonc\u00e9es dans le Yoga Sutra sont extr\u00eamement actuelles. Les cultiver nous permet d&rsquo;appr\u00e9cier r\u00e9ellement le yoga en tant que spiritualit\u00e9 et non comme une sorte de \u00ab\u00a0sport am\u00e9lior\u00e9\u00a0\u00bb attach\u00e9 au corps et \u00e0 l&rsquo;\u00e9go.  Ils nous offrent des outils pour cultiver une bonne attitude mentale et nous enseignent la morale. En assumant quelques anachronismes (notifi\u00e9s) et en se pr\u00e9munissant d&rsquo;une r\u00e9cup\u00e9ration ax\u00e9e sur le d\u00e9veloppement personnel, nous pouvons r\u00e9fl\u00e9chir ind\u00e9finiment sur les yama et les niyama appliqu\u00e9s \u00e0 la vie moderne. Voici quelques pistes de r\u00e9flexion.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les 5 yama (r\u00e8gles de vie en soci\u00e9t\u00e9<\/strong>)<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>1. Ahimsa : le non-d\u00e9sir de nuire <\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-link-color wp-elements-4305e9840d587cc9b70033e72e3f916c wp-block-paragraph\">La base de toute la structure des huit membres repose sur cette notion h\u00e9rit\u00e9e de la religion ja\u00efne (n\u00e9e au 6e si\u00e8cle avant notre \u00e8re) : la non violence. Les ja\u00efns avaient comme pilier philosophique le respect de la vie sous toutes ses formes, incarn\u00e9 en un mode de vie autour duquel s&rsquo;articule leur existence. Il ne s&rsquo;agit donc pas simplement \u00ab\u00a0de ne pas \u00eatre violent\u00a0\u00bb (exemple : ne pas gifler ou insulter quelqu&rsquo;un qui nous a offens\u00e9) mais plut\u00f4t de ne pas produire de la violence, ni la nourrir, ni la penser, ni en \u00eatre travers\u00e9. Et ce, sans refoulement qui serait donc hypocrite (ex : ha\u00efr quelqu&rsquo;un et lui vouloir du mal sans passer \u00e0 l&rsquo;acte). Ahimsa demande en outre de consid\u00e9rer chaque forme de vie sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9. Je donne parfois en exemple l&rsquo;asc\u00e8se de certains ja\u00efns qui balayent devant eux avec un petit plumeau pour ne pas \u00e9craser les insectes, ne mangent pas de l\u00e9gumes racines pour les m\u00eames raisons et allaient m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 porter un masque pour ne pas en avaler. Le mot d&rsquo;asc\u00e8se est fondamental car il place la non-violence comme une discipline active et non pas comme une posture morale passive. Selon moi, r\u00e9duire ahimsa \u00e0 la non-violence est <a href=\"https:\/\/cittavritti.fr\/en\/glossaire-spiritualite-toxique\/comment-page-1\/#:~:text=Spiritual%20bypassing%20%3A%20le%20contournement%20spirituel,\u00e9motionnels%20et%20psychologiques%20non%20r\u00e9solus.\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/cittavritti.fr\/glossaire-spiritualite-toxique\/comment-page-1\/#:~:text=Spiritual%20bypassing%20%3A%20le%20contournement%20spirituel,\u00e9motionnels%20et%20psychologiques%20non%20r\u00e9solus.\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">la porte ouverte au contournement spirituel<\/a> : par exemple penser qu&rsquo;il suffit de ne pas \u00eatre violent dans ses actes pour ma\u00eetriser cette premi\u00e8re \u00e9tape. Il faudrait nous lib\u00e9rer du d\u00e9sir m\u00eame de la violence (sans refoulement ni rejet!), \u00e9tat dans lequel le mental serait si transparent que nos pens\u00e9es seraient en tous point en accord avec nos actes et vice et versa.<em> <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\"><em><strong>Interrogeons nous<\/strong> : quelle est notre part de violence act\u00e9e et\/ou refoul\u00e9e ?  A quel point ajuste- t-on nos modes de vie pour mettre nos actes en conformit\u00e9 avec notre philosophie?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>2. Satya : dire la v\u00e9rit\u00e9, ne pas mentir, avoir une parole juste <\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\">Il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9noncer une parole qui soit en conformit\u00e9 avec nos actes (non violents). A noter que dans la philosophie du Samkhya (comme dans la religion ja\u00efne), l&rsquo;acte lui-m\u00eame est souillure puisqu&rsquo;il est porteur d&#8217;empreinte karmique et donc vecteur de reincarnation dans le samsara. Nous sommes donc plut\u00f4t dans une philosophie morale et non une philosophie de l&rsquo;acte comme peut l&rsquo;\u00eatre la Bhagavad Gita par exemple. La parole juste serait ainsi une parole en conformit\u00e9 avec nos pens\u00e9es. Mais en tant qu&rsquo;indvidus actifs dans le monde, nous pouvons \u00e9largir l\u00e9g\u00e8rement le spectre. Au-del\u00e0 de ne simplement pas mentir, \u00e0 quel point notre parole est-elle vraie et juste ou bien trompeuse pour les autres et pour nous-m\u00eames? A noter que dire la v\u00e9rit\u00e9 peut parfois comporter une part de violence. D\u00e8s lors que dire ou ne pas dire ? Il s&rsquo;agira d&rsquo;op\u00e9rer par regression et de se r\u00e9f\u00e9rer au yama pr\u00e9c\u00e9dent : ici ahimsa. Dire la v\u00e9rit\u00e9, sans violence ni d\u00e9sir de nuire comme priorit\u00e9. Un c\u00e9l\u00e8bre proverbe mentionne que \u00ab\u00a0toute v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;est pas bonne \u00e0 dire\u00a0\u00bb &#8230; Avec un peu de recul et de r\u00e9flexion nous devrions pouvoir formuler une parole \u00e0 la fois juste ET non violente.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\"><em><strong>Interrogeons-nous :<\/strong><\/em> <em>\u00e0 quel point nos mots refl\u00e8tent-ils nos pens\u00e9es, nos actes ? Travestissons nous nos pens\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aide des mots ? Est-ce difficile d&rsquo;avoir une parole \u00e0 la fois juste et non-violente ? <\/em><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>3. Asteya : ne pas voler, l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 <\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-link-color wp-elements-6d04c369806efb355b558134239a9233 wp-block-paragraph\">Le vol peut \u00eatre mat\u00e9riel (voler un oeuf comme un boeuf) comme immat\u00e9riel (l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle, le droit d&rsquo;auteur &#8230;). C&rsquo;est le cas du vol d&rsquo;id\u00e9e (regardez The Social Network sur l&rsquo;invention de Facebook), de contenu ou de style (coucou le plagiat), de la culture d&rsquo;autrui \u00e0 des fins mercantiles (c&rsquo;est tout <a href=\"https:\/\/cittavritti.fr\/en\/glossaire-appropriation-culturelle\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/cittavritti.fr\/glossaire-appropriation-culturelle\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">le sujet de l&rsquo;appropriation culturelle<\/a> par exemple), ou encore l&rsquo;occupation d&rsquo;une terre \u00e9trang\u00e8re (la colonisation) &#8230; Que ce soit au niveau individuel ou collectif, un vol \u00e0 petite \u00e9chelle (faire passer ses pignons de pin pour des cerneaux de noix sur la balance de la Biocop, ok j&rsquo;avoue) ou du d\u00e9tournement de fonds, de la corruption. Le vol est un large spectre qui peut contaminer la soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re ! Mais au-del\u00e0 de ne pas voler, nous devrions (comme pour ahimsa), ne pas \u00eatre travers\u00e9s par l&rsquo;envie de voler, ou la convoitise, l&rsquo;envie, ou encore la jalousie. Ce n&rsquo;est pas parce que nous ne passons pas \u00e0 l&rsquo;acte que nous maitrisons asteya. L\u00e0 encore, la question de la morale profonde entre en jeu. Nous serions lib\u00e9r\u00e9s du d\u00e9sir m\u00eame de poss\u00e9der quelque chose (ou quelqu&rsquo;un) qui ne nous appartient pas, jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame de la possession (voir aparigraha).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\"><em><strong>Interrogeons-nous<\/strong> : Suis-je honn\u00eate dans tous les domaines ? Quelle diff\u00e9rence faisons-nous entre l&rsquo;inspiration et l&rsquo;imitation ? L&rsquo;appropriation et l&rsquo;appr\u00e9ciation? L&rsquo;hommage et le plagiat ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>4. Brahmacharya : la continence sexuelle, la chastet\u00e9<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\">Ce fameux yama qui d\u00e9range &#8230; Comme si tout le reste \u00e9tait facilement r\u00e9alisable mais quand il s&rsquo;agit de sexe chacun s&rsquo;offusque. \u00catre libre de ses d\u00e9sirs : tout le monde adore cette id\u00e9e et s&rsquo;en pense ma\u00eetre dans tous les domaines. Sauf le sexe auquel il s&rsquo;agirait de succomber dans le monde moderne pour \u00eatre \u00e9panoui. Je rappelle souvent que le <em>Yoga Sutra<\/em>, comme le Samkhya (ni m\u00eame le yoga) ne sont des pens\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9donisme! Historiquement brahmacharya signifie l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;\u00e9tudiant brahmanique, la p\u00e9riode d&rsquo;apprentissage li\u00e9e au c\u00e9libat. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, le <em>Yoga Sutra<\/em> s&rsquo;adressait \u00e0 une poign\u00e9e d&rsquo;asc\u00e8tes retir\u00e9s du monde. Le mot retir\u00e9 ou \u00ab\u00a0renon\u00e7ant\u00a0\u00bb signifiant litt\u00e9ralement ce qu&rsquo;il veut dire, \u00e0 savoir : renoncer \u00e0 la vie mondaine, en soci\u00e9t\u00e9 et donc \u00e0 tout ce que cela comporte, notamment la vie de famille. Donc pas de couple, pas de sexe. Ce qui semble assez logique puisque la sexualit\u00e9 enchaine aux plaisirs des sens. Dans une voie plus moderne, je fais souvent cette blague : \u00ab\u00a0brahmacharya \u00e7a pourrait \u00eatre moins mais mieux\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\"><em><strong>Interrogeons-nous<\/strong> : Vivons nous notre sexualit\u00e9 comme un espace de lib\u00e9ration ou d&#8217;emprisonnement ? Suis-je pleinement \u00e9panoui.e dans ma sexualit\u00e9 ou bien est-ce le th\u00e9\u00e2tre de malaises, d&rsquo;injonctions, de frustrations, de violences, d&rsquo;orgueil comme de tabous ? Maitrisons nous notre sexualit\u00e9 ou bien sommes nous esclaves de nos sens ? <\/em><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>5. Aparigraha : le d\u00e9pouillement<\/strong>,<strong> l&rsquo;absence de convoitise<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\">Le fait de vivre avec peu, avec le n\u00e9cessaire, sans surplus. Dans les courants asc\u00e9tiques (ja\u00efns, shiva\u00eftes, vishnou\u00eftes, sikhs &#8230;), il s&rsquo;agit de vivre dans le d\u00e9pouillement quasi total, sans r\u00e9sidence (en errance sur les routes d&rsquo;Inde et du N\u00e9pal), parfois m\u00eame sans v\u00eatements (c&rsquo;est le cas de la secte des naga par exemple), survivant gr\u00e2ce aux dons des d\u00e9vots et se nourrir pour vivre (et non l&rsquo;inverse). Aujourd&rsquo;hui encore certains saddhus vivent ainsi le long du Gange ou \u00e0 Katmandou : sans famille, ni domicile, ni argent, ni biens, dans le d\u00e9tachement le plus complet. Ils vivent en dehors du syst\u00e8me (mondain, de castes etc.) et donc la possibilit\u00e9 d&rsquo;un salut en dehors des voies traditionnelles, comme une contre culture. Le d\u00e9tachement est donc un arrachement, une asc\u00e8se du d\u00e9tachement \u00e9rig\u00e9e en mode de vie. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\">Dans le monde moderne occidental, ces modes de vie \u00ab\u00a0hors syst\u00e8me\u00a0\u00bb ont inspir\u00e9 la Beat Generation \u00e9tasunienne des ann\u00e9es 1960. Aujourd&rsquo;hui, la question du d\u00e9pouillement recouvre principalement un volet \u00e9conomique et mat\u00e9riel  : regardons du c\u00f4t\u00e9 de la pens\u00e9e altermondialiste (la r\u00e9gulation de la mondialisation), la protection de l&rsquo;environnement et des ressources, les mouvements de d\u00e9croissance (d\u00e9correller l&rsquo;id\u00e9e selon laquelle l&rsquo;augmentation des richesse conduit au bien \u00eatre social) et de \u00ab\u00a0slow life\u00a0\u00bb (privil\u00e9gier la qualit\u00e9 \u00e0 la quantit\u00e9). <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\"><em><strong>Interrogeons nous <\/strong>: Que convoitons-nous comme biens mat\u00e9riels et immat\u00e9riels ? Quel rapports liions nous avec les biens mat\u00e9riels ? A quel point sommes-nous attach\u00e9s au superflu ? Dans quelle mesure consommons nous notre vie au lieu de la vivre ? <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les 5 niyama (observances personnelles)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">1. <strong>Shaucha : la puret\u00e9, la propret\u00e9 <\/strong><\/h4>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La notion de propret\u00e9 est \u00e0 comprendre dans le sens de la puret\u00e9 \u00e0 360 degr\u00e9s : l&rsquo;hygi\u00e8ne externe et interne. Nous parlons \u00e0 la fois du corps, grossier des couches sup\u00e9rieures de l&rsquo;\u00e9piderme (litt\u00e9ralement : se laver) aux nettoyages int\u00e9rieurs (kriya, shatkarma etc.), mais aussi de la puret\u00e9 des pens\u00e9es permettant d&rsquo;avoir un mental clair et donc le corps dit subtil. En effet, comment peut-on pr\u00e9tendre \u00eatre en yoga sous pr\u00e9texte que l&rsquo;on est propre sur soi tout en nourrissant des pens\u00e9es obscures, malveillantes ou malsaines ? A l&rsquo;oppos\u00e9, on imagine difficilement un mental clair habitant une apparence d\u00e9prav\u00e9e (sympt\u00f4me de mal \u00eatre) ou exag\u00e9r\u00e9ment appr\u00eat\u00e9e (sympt\u00f4me de l&rsquo;\u00e9go ou de la mondanit\u00e9). Le corps physique et le corps psychique ne servent pas \u00e0 se masquer l&rsquo;un l&rsquo;autre mais \u00e0 se refl\u00e9ter, en toute transparence.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Interrogeons nous <\/strong>: Qu&rsquo;est-ce que notre apparence dit de nous ? Que dit-on de nous m\u00eame et de notre identit\u00e9 \u00e0 travers notre hygi\u00e8ne personnelle ? Est-ce que la fa\u00e7on dont nous nous comportons refl\u00e8te nos pens\u00e9es ou bien travestissons-nous ces derni\u00e8res derri\u00e8re des apparences ? Avez-vous un exemple d&rsquo;une fa\u00e7on dont vos paroles d\u00e9guisent vos pens\u00e9es ou votre style sert de masque \u00e0 votre identit\u00e9 ? Quand y a-t-t-il un hiatus entre l&rsquo;ext\u00e9rieur et l&rsquo;int\u00e9rieur ? <\/em><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>2. Santosha : le contentement<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-link-color wp-elements-d5457df196aa8c684c7cb8a60a566e0b wp-block-paragraph\">C&rsquo;est un sentiment de joie et de satisfaction pour ce qui est, pour les choses telles qu&rsquo;elles sont et non pas telles que le moi voudrait qu&rsquo;elles soient. Le contentement vis-\u00e0-vis du monde d\u00e9laisse l&rsquo;insatisfaction dans laquelle le moral se vautre ais\u00e9ment pour appr\u00e9cier, a contrario, la perfection du monde, de la Nature, de la Cr\u00e9ation.  A cet \u00e9gard est-ce que santosha ne serait pas un peu mystique ? N\u00e9anmoins, dans santosha, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;attachement \u00e0 ce sentiment de joie qui nous traverse. Celui-ci est d\u00e9pos\u00e9 dans le coeur, il n&rsquo;est pas intellectualis\u00e9 et nous n&rsquo;\u00e9prouvons pas le besoin de le retenir et de nous y agripper puisqu&rsquo;il est d\u00e9lest\u00e9 du sentiment de \u00ab\u00a0mien\u00a0\u00bb ou de possession. Il y a comme une fusion entre santosha et le Soi.  Il est impermanent mais peut-\u00eatre qu&rsquo;avec la pratique il devient permanent. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-link-color wp-elements-9c01e63614b23175593a86959b609aa8 wp-block-paragraph\">Attention \u00e0 ne pas confondre santosha avec du <a href=\"https:\/\/cittavritti.fr\/en\/glossaire-spiritualite-toxique\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/cittavritti.fr\/glossaire-spiritualite-toxique\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">contournement spirituel<\/a> qui consisterait \u00e0 nier le n\u00e9gatif pour le remplacer par du positif type \u00ab\u00a0Good vibes only\u00a0\u00bb \u00e0 toutes les sauves ou <a href=\"https:\/\/cittavritti.fr\/en\/loi-de-lattraction\/comment-page-1\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/cittavritti.fr\/loi-de-lattraction\/comment-page-1\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">loi de l&rsquo;attraction<\/a> o\u00f9 \u00ab&nbsp;tout arrive pour une raison\u00a0\u00bb nous poussant au refoulement du n\u00e9gatif, au d\u00e9sengagement social et \u00e0 l&rsquo;individualisme sous couvert de spiritualit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\"><em><strong>Interrogeons-nous<\/strong> : Quand ou dans quelles circonstances avons nous d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9 le sentiment &#8211; m\u00eame fugace &#8211; de contentement sans attachement ? <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>3. Tapas : la discipline<\/strong>,<strong> l&rsquo;asc\u00e8se<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-link-color wp-elements-ec5d921b9214425c22b640a4e39cc3f1 wp-block-paragraph\">La racine verbale sanskrite \u00ab\u00a0tap\u00a0\u00bb signifie \u00ab\u00a0br\u00fbler\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e9chauffer\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0consumer\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0cr\u00e9er de la chaleur\u00a0\u00bb. Ce sont des pratiques spirituelles intenses exerc\u00e9es par les shramanas (moines errants issus de diverses religions et spiritualit\u00e9s du sous continent indien) visant \u00e0 se d\u00e9tacher du corps physique. Par exemple : les mortifications, des suspensions, le je\u00fbne prolong\u00e9, la chastet\u00e9 perp\u00e9tuelle, des m\u00e9ditations japa fond\u00e9es sur la r\u00e9p\u00e9tition de mantras. A travers ces exercices la br\u00fblure devient int\u00e9rieure et remplace l&rsquo;acte rituel ext\u00e9rieur (comme le sacrifice d&rsquo;animaux tr\u00e8s courant dans la soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque). Le sacrifice est alors ex\u00e9cut\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du corps du d\u00e9vot ou du pratiquant dans une relation directe avec une divinit\u00e9 ou dans un cadre doctrinal pr\u00e9cis. Les exercice de tapas enseignent le d\u00e9tachement et l&rsquo;humilit\u00e9, la ma\u00eetrise des passions et des d\u00e9sirs li\u00e9s au corps grossier, et proposent une voie vers la ma\u00eetrise du mental. Plus profond\u00e9ment, les exercices de tapas permettent de br\u00fbler nos actes porteurs de souillures (<a href=\"https:\/\/cittavritti.fr\/en\/karma-quand-tu-me-tiens-1-2\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/cittavritti.fr\/karma-quand-tu-me-tiens-1-2\/\">karma<\/a>) et de sortir du samsara (le cycle des renaissances). Quand on parle de tapas on parle donc d&rsquo;asc\u00e8se (ces exercices physiques et moraux destin\u00e9s \u00e0 lib\u00e9rer l&rsquo;esprit du corps) dans le sens d&rsquo;une auto-discipline extr\u00eamement soutenue, faite de privation et en qu\u00eate d&rsquo;un perfectionnement spirituel. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-link-color wp-elements-396c42a46874bc3ba4a93a8ddd240848 wp-block-paragraph\">S&rsquo;il est tentant de faire un parall\u00e8le avec la pratique des asanas, je pr\u00e9f\u00e8re l&rsquo;\u00e9viter car je le trouve souvent grossier. Je vois peu de rapport entre le \u00ab\u00a0show up on your mat\u00a0\u00bb des am\u00e9ricains ou du d\u00e9veloppement personnel (cf. l&rsquo;important c&rsquo;est de d\u00e9rouler son tapis) qui r\u00e9pond simplement \u00e0 une hygi\u00e8ne personnelle rattach\u00e9e au bien-\u00eatre. Tapas c&rsquo;est l&rsquo;inverse du bien-\u00eatre, l&rsquo;inverse du yoga moderne qui consiste \u00ab\u00a0\u00e0 se faire du bien\u00a0\u00bb. Il ne s&rsquo;agit pas pour autant d&rsquo;une glorification de la douleur ou de la souffrance pour en tirer un plaisir (\u00e7a s&rsquo;appelle le masochisme). Tapas c&rsquo;est la discipline en vue d&rsquo;un renoncement au monde, dans lequel le corps est transcend\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\"><em><strong>Interrogeons-nous<\/strong> : Quelle discipline ou quel acte consisterait \u00e0 notre \u00e9chelle \u00e0 un renoncement salutaire en vue d&rsquo;une purification int\u00e9rieure ?<\/em> <em>Dans quelle mesure je ne confonds pas certains actes de renoncement avec du refoulement ? A quel moment l&rsquo;auto-disicpline ne verse-t-elle pas vers la glorification de mon \u00e9go ? <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-link-color wp-elements-f11289e5a47debec131873c359f8abf7 wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>4. Svadhyaya : l&rsquo;\u00e9tude de soi \/ des textes (sacr\u00e9s)<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\">Li\u00e9 au yoga de la connaissance (le Jnana yoga de la Bhagavad Gita par exemple), svadhyaya nous rappelle d&rsquo;\u00e9tudier. L&rsquo;apprentissage empirique ne peut se soustraire \u00e0 celui de la th\u00e9orie. Et de confronter les deux. Conna\u00eetre ses pairs, \u00e9tudier la technique, acc\u00e9der aux savoirs par les textes ant\u00e9rieurs \u00e0 notre existence, r\u00e9dig\u00e9s ceux qui \u00e9taient l\u00e0 avant nous et ont d\u00e9j\u00e0 pens\u00e9 ce que nous pensons (spoiler : nous n&rsquo;avons rien invent\u00e9 qui n&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 dit ou pens\u00e9 avant nous, au moins sous d&rsquo;autres formes). Svadhyaya nous encourage \u00e0 nous situer dans une lign\u00e9e, \u00e0 apprendre, \u00e0 se placer dans le statut d&rsquo;\u00e9l\u00e8ve et d&rsquo;apprenant afin d&rsquo;acc\u00e9der au Soi et \u00e0 soi, voire au Divin. Dans le cadre de l&rsquo;\u00e9poque il s&rsquo;agissait de savoir religieux car tout savoir \u00e9tait de nature religieuse. Aujourd&rsquo;hui nous pouvons ais\u00e9ment \u00e9largir de spectre de la connaissance \u00e0 d&rsquo;autres domaines (la science ? la culture? la philosophie ? &#8230;). Mais <em>in fine (in the end),<\/em>, il s&rsquo;agira de se d\u00e9tacher aussi de la connaissance et des textes derri\u00e8re lesquels se cache son ennemi qu&rsquo;est le dogme ! La connaissance issue des textes prise au pied de la lettre, sans r\u00e9flexivit\u00e9 ni empirie, conduit bien souvent au fanatisme.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\"><em><strong>Interrogeons-nous<\/strong> : Quelle place accordons nous aux textes et\/ ou \u00e0 la th\u00e9orie ? Est-elle excessive et un cache mis\u00e8re \u00e0 notre (in)exp\u00e9rience ? Est-elle insuffisante car nous pensons d\u00e9j\u00e0 tout savoir ? La connaissance n&rsquo;est-elle pas une voie vers l&rsquo;\u00e9mancipation et donc vers la lib\u00e9ration moderne ? En quoi l&rsquo;\u00e9tude de soi est-elle un chemin laborieux ? <\/em><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>5. Ishvara pranidhana : s&rsquo;en remettre \u00e0 plus grand que soi<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\">Parfois traduit par \u00ab\u00a0Seigneur\u00a0\u00bb ou renvoyant vers une divinit\u00e9 (Krishna dans la Bhagavad Gita), \u00ab\u00a0ishvara\u00a0\u00bb renvoie aussi au principe de conscience pure (purusha dans la philosophie dualiste du Samkhya), ou \u00e0 l&rsquo;Absolu cosmique (le Brahman dans la philosophie non dualiste du Vedanta). Il s&rsquo;agit de la forme que l&rsquo;on donne au Divin, \u00e0 un principe \u00e0 la fois immanent et transcendant, quelque chose qui nous d\u00e9passe, de plus grand que nous. Ce niyama fait appelle \u00e0 notre sens de la d\u00e9votion, \u00e0 un \u00e9lan du coeur, \u00e0 l&rsquo;amour et \u00e0 la foi. Parfois raccourci en \u00ab\u00a0l\u00e2cher prise\u00a0\u00bb dans les r\u00e9flexions contemporaines, il incite en effet \u00e0 l\u00e2cher prise sur notre besoin de contr\u00f4le permanent sur tout &#8230; puisqu&rsquo;il existe quelque chose de plus grand qui nous d\u00e9passe et sur lequel nous n&rsquo;avons pas le contr\u00f4le (Dieu? la mort? le hasard? &#8230;). Attention une fois \u00e0 ne pas confondre ce niyama mystique et rattach\u00e9 \u00e0 la foi et \u00e0 la croyance avec du d\u00e9sint\u00e9r\u00eat, du \u00ab\u00a0je l\u00e2che l&rsquo;affaire\u00a0\u00bb ou du jemenfoutisme. Ishvara pranidhana c&rsquo;est la certitude int\u00e9rieure lotie dans le coeur de l&rsquo;existence de cet absolu et qui nous permet de l\u00e2cher prise (et non l&rsquo;inverse). L&rsquo;\u00e9lan ne part pas du mental mais de la confiance profonde qui rejoint la croyance religieuse. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\"><em><strong>Interrogeons-nous <\/strong>: En quoi avons nous la foi ? Qu&rsquo;est-ce qui \u00e9chappe \u00e0 mon contr\u00f4le ? Quelles peurs se cachent derri\u00e8re le manque de foi ? <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-811c2149e7207e98d2b852e535ebf319\"><strong>Also read : <a href=\"https:\/\/cittavritti.fr\/en\/entretien-avec-philippe-filliot-je-milite-pour-spiritualiser-la-raison-et-pour-rationaliser-la-spiritualite\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/cittavritti.fr\/entretien-avec-philippe-filliot-je-milite-pour-spiritualiser-la-raison-et-pour-rationaliser-la-spiritualite\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Entretien avec Philippe Filliot : \u00ab&nbsp;Je milite pour spiritualiser la raison et pour rationaliser la spiritualit\u00e9&nbsp;\u00bb<\/a><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Yoga Sutra propose une m\u00e9thode en huit \u00e9tapes pour atteindre la lib\u00e9ration. 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